Quand Sara vit que le téléphone de Michael était en possession de cet homme, elle manqua de respirer convenablement et faillit s’étouffer. Son cœur battait de plus en plus vite. Le tremblement de ses mains s’intensifia. Elle était terrifiée, non seulement parce qu’elle se trouvait dans de mauvais draps, mais en plus parce qu’elle venait de comprendre qu’elle s’était faite piéger. Elle regarda froidement l’homme auquel elle venait tout juste d’échapper, et malgré la terreur qui avait prit possession de son corps et son esprit, elle réussit à articuler quelques mots.
- Qu’attendez-vous de moi ?
- Que vous donniez un rendez-vous à Scofield, lui dit Mahone d’un ton froid et impersonnel.
- Plutôt crever, répondit Sara énervée.
- C’est exactement ce qui va ce passer si vous ne faite pas ce que je vous demande hurla cette fois Mahone.
Mahone avait élevé la voix si forte, que Sara sursauta. Et sa peur redoubla. A mesure qu’il avancé vers elle, elle recula pas à pas sans vraiment regarder ou elle mettait les pieds, puis tomba assise sur la chaise qui se trouvait juste derrière elle à laquelle elle n’avait pas fait attention en arrivant. Mahone stoppa net. Sara avait la tête relevée et se forcée à regarder cet homme d’un air hautain, espérant ainsi dissimuler sa frayeur. Le silence s’installa un instant, puis elle décida de le briser. Ce n’était pas vraiment le moment de plaisanter mais Sara devait absolument se convaincre que la situation n’était pas si dramatique que ça. Bien que ce ne fusse pas le cas du tout, mais elle devait gagner du temps.
- Est-il vraiment nécessaire que je le fasse par téléphone, je pourrais tout aussi bien vous le faire à haute voix et maintenant ?
- Ne jouez pas au plus fin avec moi Sara, ça a tendance à m’énerver.
Emprunt de nervosité, Mahone fourra sa main dans sa poche et en sortit sa boite de comprimés. Il l’ouvrit et en avala un. Puis deux. Puis trois. Il regarda Sara et reprit.
- Vous allez contacter son frère, lui dire que vous avez des problèmes… que vous n’avez pas réussit à joindre Michael et… qu’il doit venir vous chercher maintenant.
- Oh ! Un petit conseil Sara, n’essayez pas de jouer aux héroïnes, vous n’en êtes pas. Et je suis sûr que vous ne voulez pas mourir. Pas maintenant, pas ici, pas comme ça et certainement pas avant de l’avoir vu une dernière fois, ajouta sarcastiquement Kellerman.
Il avait raison. Et Sara ne pouvait faire autrement que de l’accepter. Elle ne voulait pas mourir sans avoir vu et parler à Michael une dernière fois. Mais cela ne l’empêcha pas de regarder Kellerman avec toute la haine et la terreur dont elle fut prise à fox River le jour de l’émeute. Mais malgré tout elle était une femme forte, et son plus fort atout était de savoir cacher sa peur.
- Dois-je lui donner rendez-vous ici ? dit-elle en se retournant vers mahonne.
- Non, entre la 33è et la 34è, prés du parc.
Sara attrapa son téléphone, attendit un instant que sa main ne trembla plus autant avant de la lui tendre pour prendre le bout de papier que lui tendait Mahone. Une fois en sa possession, elle lu l’inscription et composa le numéro.
*****
Lincoln et Michael venaient tout juste de quitter la maison de leur père. Leur retrouvaille avait été mouvementée mais finalement, après moult discussions, tout le monde s’y était fait. La pression retombée, ils étaient prêts à se remettre dans leur quête pour faire tomber ceux qui en avaient après eux. Durant tout le trajet Michael semblait loin et inquiet. Mais cela n’avait rien à voir avec le fait que sa main avait appuyé sur la gâchette. De toute façon c’était Mahone ou lui. Non, en réalité, ce qui le préoccupait, c’était de savoir Sara loin de lui. En danger peut-être. Certainement. Si seulement il avait eu les mots pour la retenir à Gila. Son esprit jouait avec tous les souvenirs qu’il avait d’elle. Les bons comme les mauvais. Mais celui qui persistait à l’accuser c’était sa disparition dans la chambre D’hôtel. Il avait saisit sur le moment toute la peine qu’elle ressentait, il le voyait bien, mais Sara était trop mal pour en parler. Et lui, il ne pouvait pas la forcer.
- Lincoln passe moi ton téléphone, il faut que j’appelle Sara.
- Tiens.
Michael prit le téléphone. Il s’apprêtait à composer le numéro de Sara, quand celui-ci se mit à sonner. Lincoln lui fit alors signe de répondre
- Lincoln, C’est Sara.
- Sara dit-il surprit. C’est moi, ajouta t-il ensuite.
- Oh ! Michael c’est justement toi que je cherchais.
- Tu vas bien ?
- Euh, oui ça va, Michael je n’ai pas beaucoup de temps, mais j’espère que toi ca va.
- Tu vas bien, alors je vais bien aussi. Où est-ce que tu es ?
Sara prit une grande inspiration avant de parler. Elle réfléchissait à ce qu’elle pourrait lui dire pour que Michael comprenne ce qui se passe. Hésitante, comme si elle voulait dire autre chose, elle commença à s’expliquer.
- Je… je ne sais comment te dire ça, alors je vais donc aller… droit au but. J’ai… j’ai essayé de te joindre sur ton portable… plusieurs fois et… et voila à quoi j’en suis réduite maintenant. Je viens de vivre des moments très difficiles, tu sais et euh…et je me sens perdue, seule et… pétrifiée… euh… Michael il faut que tu viennes me chercher je…
Sa voix était brisée par la peur et pour amplifier cela, elle parla comme si elle était à bout de souffle. Elle voulait à tout prix que Michael saisisse qu’elle était prise dans leurs filets. Michael le sentait. Il l’a coupa.
- Ca va aller Sara, ça va aller, dis moi juste ou tu es ?
- Entre la 33e et la 34e prés du grand parc, devant l’entrée.
- Ok ne bouge surtout pas, j’arrive tout de suite.
C’est exactement ce que Sara ne voulait pas entendre. Qu’il lui dise simplement qu’il venait la chercher. Alors, pour être sûre qu’il ne se fasse pas prendre à son tour, elle insista.
- Oh Michael, euh… Je voulais que tu saches, le message que tu m’as envoyé hier, m’a bien réconforté…
- Quel message ?
- …Et puis, tu avais raison pour les nombres, quand tu disais qu’ils pouvaient nous emprisonner l’esprit.
- Mais de quoi me parles-tu Sara ?
Mahone commençait sérieusement à s’impatienter. De plus, il savait qu’il ne devait pas la laisser en dire trop. Il s’accapara alors de son arme accrochée à sa ceinture et la dirigea contre elle lui faisant signe de raccrocher le téléphone. En le voyant agiter son arme contre elle, Sara sentit la peur grandir en elle. Elle dit alors à Michael que la batterie de son téléphone commençait à s’affaiblir, que la communication n’allait pas tarder à couper et de la rejoindre rapidement. Mais Michael sentait que quelque chose n’allait pas. Rien que le ton de sa voix n’annonçait rien de bien. Il hurla.
- Attends, attends, Sara ?
Prit de panique par les hurlements de son frère, Lincoln lui demanda de se calmer et ce qui le mettait dans cet état. Il avait comprit que cela concernait Sara, Mais qu’avait-il apprit de si horrible pour réagir de la sorte ? Il réitéra sa question plusieurs fois avant que Michael ne daigne l’écouter.
- Sara à des problèmes je dois aller l’aider.
- Ne t’en fait pas Michael, maintenant qu’on sait où elle est, on va aller la chercher et elle sera en sécurité avec nous.
- Non Lincoln, il se passe quelque chose. Elle essayait de me le dire.
Comment…
- Le ton de sa voix était changeant, Sa respiration haletante comme si elle avait courut le marathon. Et puis elle m’a dit une chose étrange, « j’ai reçu un message de toi hier ».
Lincoln ne comprenait pas en effet ou voulait en venir son frère. Il le regarda d’un air inquisiteur et lui fit la remarque.
- Je ne lui ai pas envoyé de message hier…mon portable m’a échappé…
C’est alors qu’il comprit. Il avait oublié son téléphone sur les lieux de son altercation avec Mahone. Elle a été piégée. Mais Lincoln nageait toujours dans l’incompréhension totale.
- Tu ne lui as pas envoyé de message, qu’est-ce que ca veut dire. ?
- Je ne sais pas… je ne sais pas
Michael ramena les mains au dessus de sa tête, puis l’a coinça entre celles-ci.
- Alors, que fait-on ?
- Elle m’a parlé de « nombres » qui « emprisonnent l’esprits »…
Evidement, ces mots n’inspiraient absolument rien à Lincoln, mais Michael, lui savait que cela signifiait quelque chose de précis. Sara venait de lui donner des indications. Il se mit à réfléchir. Il ferma les yeux fortement, se tapa le front plusieurs fois contre sa main comme si cela pouvait l’aider à réfléchir plus vite et mieux. Le message inexistant de la veille était un appel à l’aide. « Emprisonnent l’esprit » voulait dire que Sara était tenue captive et « Les nombres » signifiaient d’après lui qu’il avait au moins une autre personne avec Mahone. Ils sont certainement armés,
- As-tu toujours l’arme que t’a donnée papa ?
- Oui pourquoi ?
- Il nous faudra protéger nos arrières.